Interviews

Félicité Lyamukuru, rescapée du génocide


Félicité Lyamukuru et son jeune frère Jimmy sont retournés sur les lieux du massacre de leur famille à Nyundo. Elle témoigne de ces jours terrifiants qu’elle à vécus en avril 1994.

Impressions des enseignants


« Depuis que nous sommes arrivés au Rwanda, j’ai un mot qui revient en tête, c’est le mot contraste… » Benny Heyte, professeur d’histoire


« Ce qui m’a frappé, c’est quand Jean nous a demandé ce qu’on était venu chercher au Rwanda. Je ne comprends pas, disait-il, vous êtes en bonne santé et quand vous repartirez, vous serez fichus… » Julie Versele, professeure d’histoire


« Pour moi, l’intérêt de faire ce voyage, c’est de se plonger dans cette histoire. Pouvoir croiser les sources d’information aussi… Savoir ce qui est dit dans ce pays. » Helina Egleme, professeure de sciences sociales


« On ne peut imaginer l’après-génocide qu’en venant ici. Il y a cette réconciliation qu’on demande aux Hutus et aux Tutsi. Et cela, ça pose question parce qu’il y a une volonté politique derrière. Mais on a envie de croire que c’est possible parce qu’on n’a pas le choix. On a besoin de l’autre. » Julie Croisier, professeure de français


« A mon retour, mes élèves ont mis en place un atelier artistique pour exprimer leurs émotions par la peinture et la sculpture, après avoir travaillé dans les cours sur le génocide des Tutsi. Les élèves deviennent ainsi des passeurs de mémoire. » Guillaume Bossuroy, professeur de géographie


« J’ai déjà donné le cours sur le génocide dans mes classes quelques fois. En venant ici, je me rends compte que je l’ai très mal donné. Ou, en tout cas, je me suis arrêté à des choses qui étaient écrites dans les livres. » Olivier Petit, professeur de sciences sociales


« Après 10 jours passés au Rwanda, nous sommes à la limite de l’acceptation de pouvoir encore visiter ces mémoriaux. » Benny Heyte, enseignant en histoire


« Quand je redonnerai ce cours, j’aborderai d’abord tout ce qui est lié à la culture rwandaise. » Helina Egleme, professeure de sciences sociales


« La présence de Félicité nous permet de comprendre les choses de manière beaucoup plus émotionnelle que rationnelle. » Anne Nemry, professeure de français

 

Personnes investies dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du travail mémoriel


Joan Murungi est chargée d’actualiser les programmes scolaires en y retirant toutes les mentions du passé incitant à la haine ethnique. « Lorsque les enfants faisaient des mathématiques, le professeur pouvait par exemple demander: si vous avez 10 Tutsi et que vous en tuez 5, combien en reste-t-il ? ». »


Innocent Ruzigana, guide du mémorial de Ntarama sous l’égide de la CNLG, nous relate l’histoire du Rwanda qui a conduit au génocide de 1994.


Le docteur Vincent Tihon est coordinateur de projet chez ENABEL et collabore avec le Ministère rwandais de la Santé dans le cadre du traitement des traumas post-génocide. « Comment construire un futur dans un pays où les génocidaires et les victimes se retrouvent dans le même village, la même ville, se retrouvent parfois au travail…? »


Jean Ruzindaza est Directeur de l’unité de plaidoyer à la Commission Nationale de Lutte Contre le Génocide (CNLG). Il nous parle des gacaca, ces tribunaux populaires qui ont permis de juger près de 2 millions de personnes au Rwanda. Gacaca signifie « herbe douce » en kinyarwanda, c’est-à-dire l’endroit où l’on se réunit sur les collines.


« Je suis fille de rescapés de la Shoah. A cette époque-là, personne ne pouvait imaginer à quoi on les exposait; mes parents pensaient qu’on les envoyait au travail. Ici, sur la colline de Bisesero, il y eu une conscience plus aigüe de la nécessité de résister. » Viviane Lipsztadt, coordinatrice au Service social juif